Le voyage de Thomas Findmann #2: la chasse au trésor

L’Independent Gazette de Birmingham s’était très vite emparée du projet de Thomas Findmann et voulait à tout prix suivre son aventure dans les moindres détails. Tout portait à croire que le désormais célèbre professeur d’arithmétique ferait bientôt la une de tous les journaux du royaume. Pour les habitants de Birmingham, il y avait quelque chose de fascinant dans cette aventure. D’abord, le fait est que Thomas Findmann ne soit lié en rien à la navigation et n’eût jamais prit la mer auparavant était surprenant, presque invraisemblable. Certes, cet homme connu dans toute la ville pour son indéniable talent de mathématicien inspirait le respect de tout un chacun, mais de là à vouloir partir en mer guidé par une simple envie, une passion, relevait du conte de fée. Ensuite, cette aventure n’était pas qu’un simple voyage, mais plutôt un genre de mission à caractère exploratrice. Pour beaucoup, Thomas Findmann partait à la chasse au trésor.

Plusieurs jours après l’annonce dans la presse locale du “Fantastic project”, Thomas Findmann convia dans ses bureaux son ami et fidèle conseiller John Clever ainsi que son apprenti Arthur Gold. Les appartements de Mr Findmaan étaient situés dans la rue des commerces, à quelques pas du Pentucky College. Un grand salon où se mélangeaient bibliothèques, bureaux Davenport, secrétaire d’Égypte ainsi que trois magnifiques fauteuils Voltaire faisait office de pièce principale. Au milieu du dit salon se trouvait un imposant bureau à huit pieds ou était posé trois grandes cartes du monde. Assis sur un fauteuil, Thomas Findmann attendait patiemment ses deux invités lorsque ces derniers entrèrent dans la pièce. Les salutations furent brèves, manifestement les trois hommes étaient impatients d’échanger leur points de vue sur cette aventure. Arthur Gold, l’apprenti de Mr Findmann et futur géomaticien semblait contrarié. Il s’approcha du bureau central, fixa longuement les cartes qui y étaient disposées puis se tourna vers le maître des lieux:

“Et votre femme Monsieur Findmann ?
— Je réglerai ce problème en temps voulu, rétorqua alors le professeur. Il nous faut d’abord établir un itinéraire.”
John Clever regarda sa montre gousset, puis lança:
“Tout porte à croire que nous n’en aurons pas besoin. Je n’en vois pas la stricte utilité.
— Et pourquoi pensez vous cela mon cher ? répliqua Thomas Findmann.
— Car jusqu’à preuve du contraire, nous ne partons pas en croisière. Nous partons en expédition, affirma John Clever. Mettons le cap sur l’Amérique, adviendra que pourra!
— C’est une entreprise forte prometteuse, Monsieur Clever. Mais au regret de vous annoncer que c’est bien trop risqué, nous n’avons jamais prit la mer, riposta Thomas Findmann.”
Arthur Gold restait pour sa part silencieux face à l’échange entre les deux hommes. Thomas Findmann regardait attentivement les cartes disposées sur le grand bureau du salon, attendant la réponse de son ami. John Clever quant à lui se pencha en avant et, regardant par la fenêtre qui donnait sur la rue des commerces, reprit la parole:
“L’aventure est toujours risquée, Thomas.
— Oui, mais l’aventure bien faite. Et puis, il n’y a plus rien à découvrir en Amérique. Les Espagnols et les Portugais ont déjà pillés le nouveau monde.
— L’Atlantide n’a pas été découverte, lâcha alors l’apprenti.
— Balivernes ! s’écria John Clever.
— Je vous en prie, dit aussitôt Thomas Findmann.”
Les trois hommes se murèrent alors dans un long silence. Chacun regardait à présent par les grandes fenêtres qui laissaient entrevoir au loin la cathédrale Saint-Philippe. Midi approchait et déjà les moines s’apprêtaient à sonner les cloches. John Clever tenait sa montre dans sa main et y jetait de succins coups d’œil. Puis, il se retourna et posa ses mains sur les cartes, avant d’affirmer:
“Voyons messieurs, ne perdez pas la raison. L’Atlantide est une pure affabulation, nous ne la découvrirons pas puisque son existence est nulle.
— Vous remettez en cause son existence alors que vous n’avez jamais navigué sur l’Atlantique ? s’amusa Arthur Gold.
— Et bien …
— Bien, alors prenons la route des Amériques ! décida finalement Thomas Findmaan. Si nous voulons l’aventure, il nous faut croire en l’impossible!”
Les cloches retentirent tout à coup et firent résonner leur imposante mélodie dans tout Birmingham. John Clever esquissa un sourire, fit tourner sa montre dans la poche de son veston, et finalement ajouta:
“À la bonne heure ! Allons conquérir à notre tour l’Amérique, peu importe si l’Atlantide se pose en travers de notre chemin. Il nous faudra braver bien des obstacles pour arriver à nos fins.
— Messieurs, trinquons! s’exclama Thomas Findmann. A cette nouvelle aventure, à ces trésors endormis qui n’aspirent qu’à être découvert !
— Au trésor ! s’exclamèrent à l’unisson les trois gentlemans.”

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