La Bête Humaine de Zola, une bande dessinée à découvrir !

BANDE DESSINEE – Les Editions Robinson ont relevé le défi d’adapter La Bête Humaine en bande dessinée. Guidée par la plume du scénariste Dobbs et par le coup de crayon du dessinateur Germano Giorgiani, le résultat est stupéfiant : le célèbre roman d’Emile Zola se transforme en un thriller au cœur du Second Empire qui ne vous laissera pas indifférent.

Retranscrire en bande dessinée l’univers si caractéristique et particulier d’Emile Zola, c’était là toute la difficulté. La Bête Humaine, publié en 1890, constitue sans nul doute l’un des romans les plus “noirs” et critiques sur la société d’alors. En effet, nous sommes invités à plonger dans la société française de l’époque, à la fin de ce XIXe siècle alors en pleine révolution industrielle, avec son lot de décadences, d’inégalités, de violence et de bêtise humaine.

C’est d’ailleurs sur ce dernier aspect que réside toute la puissance de cet ouvrage, tant Zola décrit à merveille les excès de l’homme — avec un grand H — mais aussi son côté animal, violent, instinctif. Bref, vous l’aurez compris, adapter une telle oeuvre en bande dessinée ne s’avère pas être une tâche aisée. Et pourtant, c’est le défi posé par les Editions Robinson qui publie la toute première adaptation en BD de La Bête Humaine.

Un univers singulier

L’intrigue se déroule à la fin du XIXe siècle ; nous suivons Jacques Lantier, employé ferroviaire et passionné par sa locomotive “Lison”, véritable demoiselle au yeux du jeune homme. D’ailleurs, Jacques n’est pas un garçon comme les autres, charmant et séducteur, il n’en est pas moins victime de ses propres pulsions meurtrières. Instinctif et sanguin, Jacques a bien du mal à se contenir et résiste difficilement à l’irréparable. Pourtant, témoin malgré lui d’un meurtre dans un train, il est rapidement lié à cette sombre et funeste affaire sans pouvoir s’y détacher complètement.

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Nous suivrons donc tout au fil de l’histoire les liens parfois compliqués qu’il entretient avec les différents personnages, si nombreux soient-ils, afin de comprendre et d’essayer et de dénouer cette affaire qui implique beaucoup plus qu’il n’y paraît.

Les Editions Robinson ont fait appel au talentueux Dobbs qui n’en est pas à sa première adaptation. Le scénariste à tenu à garder le matériau d’origine, c’est-à-dire rythmer sa narration en fonction du roman, afin de ne pas trop s’éloigner de l’oeuvre originale, tout en y apportant sa patte personnelle. Le résultat est bel et bien réussi puisque Dobbs est parvenu à gérer les nombreux personnages en évitant l’effet de “trop plein ». L’oeuvre respire et permet par la même occasion à l’intrigue d’avancer sans à-coups jusqu’au dénouement final.

Adaptation réussie

Pour sa première collaboration avec Dobbs, le dessinateur italien Germano Giorgiani a retranscrit à merveille la brutalité et la violence de l’oeuvre d’Emile Zola. Un coup de crayon très précis, sombre mais néanmoins minutieusement travaillé permet à La Bête Humaine de se déployer dans une ambiance quelque peu tendue, tragique, noire. De plus, les couleurs choisies mettent en valeur les différents “décors” de l’histoire, plongeant un peu plus le lecteur dans la frénétique pulsion meurtrière de Jacques Lantier.

Cette première adaptation en bande dessinée de La Bête Humaine est admirablement réussie. De part une talentueuse collaboration entre les scénariste Dobbs et le dessinateur Germano Giorgiani, le défi des Editions Robinson est brillamment relevé.

Pour conclure, sachez qu’il n’est pas indispensable d’avoir lu le roman original afin de comprendre la bande dessinée ; bien au contraire, celle-ci vous donnera plus qu’envie de continuer l’aventure avec le célèbre roman de l’écrivain français. Sans aucun doute une bande dessinée à découvrir et à lire !

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